Alphabétisation - Echange Agadez Niger

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Alphabétisation/apprentisage (classe expérimentale)

Le premier projet entrepris par l'Association Point d'Appui, a été mené à son terme en 2010.
 
Le coût de cette classe expérimentale s’est élevé à 1700 euros pour 14 mois d’alphabétisation et un an d’apprentissage. Le financement a été assuré par :
        • L’association française Etoile Entraide : 1'410 euros
        • L'association ’Echanges Agadez Niger :   150 euros
        • L'association  Point d’Appui :    140 euros.

Classe alphabétisation / apprentissage

Décembre 2008 – janvier 2010
        
Débutée en décembre 2008, cette petite classe expérimentale a atteint son but en janvier 2010. 14 mois de travail et 358 d’heures d’enseignement ont permis à quatre élèves de recevoir une attestation lors d’une cérémonie, spécifiant que les cours ont porté sur :
        • La lecture (lecture et compréhension d’un texte de difficulté moyenne)
        • La dictée (orthographe et rudiment de grammaire)
        • L’écriture (script)
        • Le calcul (les quatre opérations de base et la résolution de problèmes posés dans le quotidien)
        • La géographie (les rudiments)
        • L’hygiène et la prévention des maladies (informations de base)

Les douze élèves ayant participé aux cours ont le trajet scolaire suivant :
        
        • trois garçons adressés par le SEJUP, enfants de la rue en apprentissage auprès d’un mécanicien, mettent fin l’un après l’autre à leur scolarisation entre janvier et mars 2009. Avant cela, leur patron a mis un terme à leur apprentissage en raison de leur trop fort taux d’absentéisme, après plusieurs avertissements
        • trois filles sont adressées par Jeunesse Horizon, centre de soutien scolaire de Toudou. L’une se révèle très peu motivée et abandonne. Les deux autres, Mariama Maman et Alhamis Ajawa, se montrent au contraire très assidues et suivent le cycle au complet.
        • deux garçons suivent déjà des cours d’alphabétisation auprès de Sylvine (recrutés dans le voisinage) et poursuivent dans la petite classe. L’un d’entre eux abandonnera en octobre, presque arrivé au terme d’un parcours parsemés de périodes d’intérêts et de démotivation, tandis que l’autre, Musa Kadri, plus persévérant, arrive au terme du cycle et reçoit l’attestation.
        • deux filles adressées par le chef d’un sous-quartier de Toudou abandonnent, l’une parce qu’elle a déménagé en brousse et l’autre par manque d’intérêt.
        • un garçon, recruté dans le voisinage, dont la famille avait trop d’exigences (suivre l’école coranique, un apprentissage de mécanique et l’alphabétisation), abandonne.
        • un jeune homme, Isya Masalaci, recruté par l’enseignant qui est son voisin, est assidu et motivé, il reçoit donc son attestation en janvier.     
        
        
Après quelques mois de fonctionnement, les responsables du Centre d’éducation scolaire, Mamane Siraji et Sylvine Vuilleumier, ont engagé les six élèves encore en formation scolaire à réfléchir sur un apprentissage. C’est en juillet que toutes les démarches ont pris forme. Quatre garçons ont choisi la mécanique auto et sont placés auprès de Babaye Hikima, garagiste et deux filles ont préféré la couture et sont engagés par Elias, tailleur. Trois garçons ont abandonné l’apprentissage. L’un est retourné à l’école coranique, alors que deux autres, qui avaient déjà travaillé occasionnellement, ont préféré gagner de l’argent. L’un est embauché par un artisan menuisier, avant de partir pour Arlit travailler comme manœuvre sur des chantiers de construction et l’autre, qui a poursuivi le cycle d’alphabétisation jusqu’à son terme, a d’abord gardé un magasin de photo dans son voisinage avant d’apprendre la photographie même.
        
Le Bureau exécutif a décidé que le soutien auprès des artisans pour l’apprentissage prendrait fin après un an, soit en juin 2010. C’est Alher Afournonouk qui est responsable des apprentissages en mécanique et Sylvine Vuilleumier de ceux en couture. Les dédommagements des maîtres d’apprentissage sont de 2'500 F par enfant et par mois et ceux des repas de midi de 200 F par jour. Les deux jeunes filles faisant un horaire de 8 h à 13 h et habitant à proximité de leur lieu de travail, n’ont pas eu besoin de repas de midi. Nous avons acheté une machine à coudre avec la somme économisée, que nous avons mise à disposition du tailleur pour ses propres besoins et pour ceux des deux apprenties et nous avons diminué le montant mensuel du dédommagement alloué au maître d’apprentissage de 2'500 F à 1'500 F. Pour le moment ces apprentissages se déroulent à satisfaction, une évaluation sera faite en temps voulu.
        
Le parcours pour trouver un enseignant qui correspondait à nos critères s’est révélé difficile. Nous n’avons malheureusement pas trouvé d’appui pour ce faire. Le premier enseignant a abandonné son poste ; il n’est pas revenu après les vacances d’été. Nous n’avions pas trouvé une entente sur les méthodes d’enseignement. Le remplaçant, un étudiant, Mohamed Alghamis, que nous avions engagé pour la période des vacances, a pu prolonger son mandat jusqu’à fin septembre. Son travail assidu et son enthousiasme ont compensé son jeune âge. Enfin nous avons trouvé Zeïnabou Ahmed, formée en alphabétisation haoussa et en français et ayant des notions pédagogiques à travers les enseignements du Groupement des retraités d’éducateurs sans frontière (GREF). Les élèves ont suffisamment progressé depuis l’été pour qu’on leur délivre une attestation à fin janvier 2010.

Les salles de cours ont beaucoup varié lors de ces 14 mois. Nous nous étions installés, dans l’attente de la construction de nos propres locaux, dans une petite école coranique appartenant à la famille de feu Afournounouk, dans le quartier de Toudou. Mais ce bâtiment s’est effondré lors des inondations du 2 septembre 2009. Les cours ont alors eu lieu dans une chambre au domicile d’Alher et Sylvine, les élèves écrivant sur leurs genoux avec des sous-mains. Même, lorsque des étrangers sont arrivés en novembre, il a fallu libérer la chambre et faire la classe sous un arbre, dans la cour. Enfin en décembre, Alher Afournounouk avait terminé la construction de deux classes et nous avons pu y emménager, à la satisfaction de tous, bien installés sur des table-bancs, dans le magnifique environnement qu’offre le quartier de Tajajaret, à Toudou.
        
Les cours ont été dispensés pendant deux heures, trois matins par semaine, les samedis, les dimanches et un jour de semaine. Ces horaires ont été discutés par tous les protagonistes, enseignants, élèves et responsables.
        
L’encadrement des cours a été assuré par les responsables que le bureau exécutif de Point d’Appui a désigné, Maman Siraji et Sylvine Vuilleumier.
Il a constitué en :
  • Achat du matériel : tables-bancs, bureau, chaise, cahiers, crayons, craie, balai, etc. et photocopies du livre d’alphabétisation en haoussa, trouvé en un seul exemplaire.
  • Réflexion permanente sur le centre d’éducation scolaire, son orientation.
  • Discussion, appui et suggestion sur chaque cours préparé par l’enseignant à travers le cahier de préparation.
  • Compilation des livres de géographie du programme d’éducation national (cours élémentaire et moyen), ainsi que de quelques ouvrages et rédaction en français d’un cours de géographie résumant ces lectures, traduit en haoussa ensuite.
  • Soutien auprès des élèves, notamment en ce qui concerne leur motivation, fluctuante et contact avec les familles.
  • Etc.
  • A ma question, ils répondent qu’ils souhaitent plus de cours en géographie (ce n’est pas l’entier du cours préparé qui leur a été dispensé)
  • Ils disent que des cours d’histoire les intéresseraient.
  • Il faudrait plus de cours consacrés aux maladies et à leur prévention.
  • Aucun des enseignements dispensés n’est à retirer.

Le bureau exécutif a alloué un montant de 10'000 F par mois à chacun des responsables en dédommagement de leur travail et de leur frais.
Le financement de cette classe s’élève à 850'000 F pour la période de décembre 2008 à fin décembre 2009 et le budget pour 2010 est évalué à 250'000 F, représentant un total de 1'100'000 F pour financer 14 mois d’alphabétisation et un an d’apprentissage. L’association française Etoile Entraide a financé cette expérience par 912'000 F, celle d’Echanges Agadez Niger par 98'000 F et celle de Point d’Appui par 90'000 F. Nous remercions très chaleureusement nos amis pour ce soutien si précieux. Les élèves, leur famille, sont également très reconnaissants et estiment à leur juste valeur la générosité des donateurs. La dernière leçon, le 30 janvier 2010, a été consacrée à l’évaluation, avec les élèves d’abord, avec l’enseignante ensuite.

Evaluation avec les élèves :
1. La qualité, le contenu de l’enseignement :
Ils souhaitent un apprentissage du français, après celui en haoussa.
2. Les enseignants : trois enseignants au lieu d’un seul était difficile à gérer. Chacun voulait tester le niveau des élèves au début, recommençait par des choses connues avant de situer leur niveau et de continuer. Les élèves ont donc été retardés dans leur apprentissage. Chaque enseignant a sa façon de concevoir un cours, d’expliquer, ce qui demandent beaucoup d’efforts d’adaptation à chaque changement.
3. La durée, les horaires : il faudrait ajouter des heures. Deux heures de cours par jour c’est bon, mais il faudrait le faire cinq jours par semaine, de 8 h à 10 h, du lundi au vendredi et ne pas donner de cours durant le week-end.
4. L’encadrement des cours, l’organisation : ça va. Il y a eu des moments difficiles après les inondations, lorsqu’il fallait travailler dans la chambre. Dans l’école coranique il n’y avait pas d’air, il faisait trop chaud.
5. Le travail fourni par les élèves, leur assiduité : moyen, pas mal, pas bien. Lorsqu’ils étaient dix élèves, ils étaient plus motivés, ça les encourageait, quatre, ce n’est pas assez.
6. Qu’ont-ils à ajouter : MERCI, disent-ils tous.

Evaluation avec l’enseignante :
Il serait bon d’ajouter la géographie et l’histoire, mais elle doit s’y préparer si nous l’engageons encore, car elle n’a jamais enseigné ces branches. Si nous lui proposons un résumé pour la géographie, elle peut le traduire en haoussa. Si elle est en possession du livre d’histoire de Boubou Hama et M. Guilhem « Récits historiques », elle peut raconter certains de ces récits en haoussa et, comme pour la géographie, nous faisons les résumés en français, qu’elle traduit.
En lecture, le niveau pourrait être plus haut, c’est une question de travail, de motivation des enfants, mais aussi cela dépend de la façon dont on leur a appris les bases, au départ. Elle pense qu’il faut faire une compo chaque mois et une dictée chaque semaine, ceci habituant les élèves à un rythme de travail constant et soutenu.
Il faut mieux exploiter le guide de l’enseignant du programme d’alphabétisation, qu’elle était la seule à utiliser vraiment. La première leçon, on enseigne le thème éducatif. La deuxième leçon on tire une phrase liée au thème éducatif, dont on retient un mot, puis une lettre, qui est la nouvelle lettre à étudier. Le troisième jour on étudie les syllabes avec la lettre vue le jour précédent et le quatrième jour on enrichit en faisant chercher par les élèves des mots contenant la lettre ou les syllabes.
Lorsque le cours d’alphabétisation est terminé, il est bon de prendre un petit livre acheté dans le commerce, comme nous l’avons fait cette année, le niveau étant un peu plus difficile, non pas par rapport aux mots à lire mais par rapport à la longueur du texte.
Au plan des horaires, deux heures de cours par jour sont plus profitables que trois, car les élèves et l’enseignant se fatiguent.
L’encadrement offert par Point d’Appui est jugé satisfaisant.

photo copyright EAN
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